samedi 16 mars 2013

Steven Wilson (The Raven That Refused to Sing and Other Stories) - Présenté à l'émission Rock classique du 1er mars 2013

Steven Wilson
The Raven That Refused to Sing and Other Stories
Rock progressif
Sortie : 29 février

Depuis le disque en concert Get All You Deserve Steven Wilson s’est constitué un groupe très solide composé du saxophoniste et multi-instrumentiste Theo Travis, du claviériste Adam Holzman, du bassiste extraordinaire et joueur de stick Nick Beggs (qu’on a pu voir il y a 3 ans ici à Trois-Rivières dans l’orchestre de Steve Hackett, le batteur Marco Minnemann, ainsi que le guitariste Guthrie Govan.

Pour son trois troisième album solo, intitulé The Raven That Refused to Sing and Other Stories, Steven Wilson est aussi allé chercher Alan Parsons pour co-produire avec lui le disque et en être l’ingénieur (d’habitude Steven Wilson produit tout, tout seul, mais là il a décidé de faire appel à un autre virtuose du son).  Ça donne bien sûr des résultats fantastiques et un son cristallin. Par le passé, Steven Wilson a souvent refusé l’étiquette de rock progressif pour sa musique – même qu’on sentait que ça l’irritait.  Eh bien il faut croire que ce n’est plus le cas car il semble embrasser dorénavant le genre avec passion.  À l’instar de Mike Akerfeld de Opeth, Steven clame à fond son amour pour les années ’70 et revendique pleinement ses influences issues de cette décennie (les King Crimson et Genesis).  C’est donc un authentique album de rock progressif "old school" qu’il nous sert avec de longues pièces à grand développement et mouvements.  Tout ça créé avec des instruments analogues pour faire quelque chose de tout à fait organique et séduisant.

C’est aussi un album tout à fait approprié à ce moment-ci de l’année car ça sonne "hiver" – idéal pour regarder tomber la neige le soir à côté du poêle à bois ou du foyer.  Vraiment une merveille pour les amateurs de rock progressif authentique qui pensent qu’il ne s’en fait plus de bonne musique de nos jours. 
Cote: 8

jeudi 31 janvier 2013

Voivod (Target Earth) - Présenté à l'émission Rock classique du 18 janvier 2013

Voïvod
Target Earth
métal thrash et progressif
Sortie : déjà disponible 

Au décès de Piggy en 2005 beaucoup ont cru que ce serait la fin de ce quatuor québécois légendaire et révolutionnaire.  Plusieurs voyaient en effet le génial guitariste au style si particulier comme un musicien absolument irremplaçable et tout à fait essentiel à Voïvod.  Toutefois, peu de temps après on a appris que Piggy avait laissé plusieurs enregistrements auxquels il a travaillé jusqu'à la toute fin et sur lesquels Away, Snake et Jason Newstead se sont attelés pour en faire l'album Infini qu'ils ont fait paraître en 2009 et que j'avais grandement apprécié.  Cela aurait pu conclure la saga Voïvod de façon définitive et élégante.

Toutefois, lors du lancement du DVD de Martyr au printemps 2008, j'avais eu le plaisir de parler avec le guitariste du groupe, Dan Mongrain, qui m'avait appris qu'il avait commencé à pratiquer avec Voïvod, que Blacky était revenu au bercail et que le groupe avait quelques spectacles importants prévus cet été-là.  J'avais été fort surpris mais en même temps, connaissant très bien Dan et ses compétences, j'étais convaincu que l'expérience serait fantastique.  Ce fut en effet le cas et toutes les fois où j'ai eu le plaisir de les voir en concert dans les années suivantes ont été mémorables. Le groupe était dans une dangereuse forme et interprétait uniquement des pièces de la période de Blacky, de War and Pain à Angel Rat, qui représente aussi ma période préférée du groupe.

L'an dernier, au cours d'une soirée, Dan m'a annoncé que Voïvod débutait une période d'écriture et qu'il avait l'intention d'enregistrer un nouvel album.  Il faut dire à ce moment-là que l'entreprise s'avérait des plus périlleuses pour Dan et le groupe car, que de créer un disque à la hauteur des chefs-d'oeuvre absolus de métal comme le sont War and Pain, Dimension Hatröss, Nothingface, Angel Rat ou The Outer Limits, d'authentiques petits bijoux sur lesquels le groupe a forgé son excellente réputation peut être assez inquiétant.  Toutefois ce soir-là j'avais dit à Dan que j'étais absolument convaincu que l'entreprise s'avèreait une réussite car j'ai toujours considéré qu'il était le plus digne successeur de Piggy et un véritable virtuose.    Quand Je l'ai revu à l'été, il venait de terminer l'enregistrement de l'album et il en était extrêmement fier.  Il nous en avait d'ailleurs fait écouter un extrait, Mechanical Mind, lors d'une très joyeuse fête entre amis...
 
Cinq mois plus tard je reçois finalement l'album à la station et je dois dire d'emblée qu'il est absolument fantatique et qu'il s'agit tout simplement d'un des meilleurs albums de Voïvod, point à la ligne.  D'abord le groupe revient à sa période la plus glorieuse, celle des albums Dimension Hatröss et Nothingface avec un métal thrash des plus progressifs, expérimental, ambiant et extrême avec de longs morceaux à long développement dans la plus pure tradition progressive.  Une petite merveille qui débute avec la puissante pièce titre qui est tout à fait éloquente de la très grande culture musicale du groupe qui parsème sa musique de clins d'oeil jazzy ou typiquement rock progressif.  Outre l'excellent jeu de guitare de Dan, il fait très bon de retrouver et entendre à nouveau le son de la basse si particuler de Blacky qui renoue pour la première fois en studio avec la machine Voïvod depuis 22 ans (depuis les sessions d'Angle Rat).  

Kluskap O'Kom nous ramène aux influences punk rock de Snake et Away et marque une première pour Voïvod, soit des back vocals puisque Dan (qui, dois-je le rappeller, était aussi le chanteur du groupe Martyr) y va de quelques lignes scandées avec force et enthousiasme.  Des signatures rhythmiques compliquées font la particularité de la pièce suivante, Empathy for the Enemy, une des plus lourdes du disque.

Mechanical Mind a été le premier extrait du disque, rendu disponible il y a déjà quelques temps.  Mais, qui dit "extrait" ou "single" ne dit pas nécessairement "facilité" et ce morceau s'avère aussi brillant que le reste de l'album.  Introduit par une ambiance - un clin d'oeil - à Rush, Mechanical Mind est un morceau compliqué à plusieurs paliers rythmiques qui fait plus de 7 minutes et demie.  Un des moments les plus forts du disque.

Warchaic est une des pièces les plus ambiante du lot, très proche de l'atmosphère de l'album Dimension Hatröss.  Resistance est un de mes morceaux préférés de l'album.  Encore-là on retrouve la prédilection punk rock du groupe dans la première moitié de la pièce qui se termine dans une ambiance lourde et spatiale.

Kaleidos évoque plutôt la période Angel Rat avec une des parties vocales les plus mélodiques de Snake sur cet album.  La pièce suivante, Corps Étranger, représente une autre première pour Voïvod puisqu'il s'agit du premier morceau chanté en français pour le quatuor qui a souvent ponctué ses lyrics de phrase dans la langue de Molière mais sans jamais toutefois franchir le pas complètement comme ils viennent de le faire.  L'expérience s'avère une réussite, même si personnellement je trouve très étrange d'entendre Snake s'exprimer dans la langue de Francoeur et Plume Latraverse...  Corps Étranger est un bon petit thrash bien dosé dans la mouvance de Ripping Heaches qui remonte au deuxième album de Voïvod, Rrroooaaarrr de 1986.

Artefact débute dans une ambiance spatio-temporelle inquiétante qui est brisée par la basse de Blacky et les roulements de toms de Away qui nous introduisent dans une pièce typiquement progressve à la Voïvod.  L'album se termine sur quelques mesures d'un morceau incomplet intitulé Defiance et qui porte très bien son titre.

Au final, Target Earth représente un puissant retour pour Voïvod et une introduction tout à fait concluante pour leur "nouveau" guitariste dont la virtuosité est désormais tout à fait éclatante.  Même si nous ne sommes qu'en janvier, je suis absolument convaincu que Target Earth trouvera son chemin parmi les meilleurs albums qui sortiront en 2013.  En un seul mot, fantastique...
Cote: 9

jeudi 20 décembre 2012

The Order of Chaos (Sexwitch EP) - Présenté à l'émission Rock Classique du 30 novembre 2012

The Order of Chaos
Sexwitch EP
Heavy power thrash metal
Sortie : déjà disponible

Order of Chaos met en vedette une digne descendante de Doro, la chanteuse Amanda "The Wench" Kiernan, qui vient de sortir un simple intitulé Sexwitch.  Order of Chaos j’en ai parlé en bien précédemment à l’émission – ce n’est pas un groupe qui va révolutionner la musique mais c’est très énergique et sympathique dans le paysage métal canadien.
Cote: 6

Adrenechrome (Hideous Appetites) - Présenté à l'émission Rock Classique du 30 novembre 2012

Adrenechrome
Hideous Appetites
Métal thrash
Sortie : déjà disponible

Adrenechrome est un quatuor originaire de Orillia en Ontario formé en 2010.  Ils citent comme influences des formations de thrash classiques comme Testament, Exodus, Overkill et Whiplash, ainsi que des groupes comme Mastodon, High on Fire et Children of Bodom.  Ils viennent de sortir leur premier maxi intitulé Hideous Appetite qui ne va rien révolutionner mais que j’ai trouvé sympathique.
Cote: 6,5

Doro (Raise Your Fist) - Présenté à l'émission Rock Classique du 30 novembre 2012

Doro
Raise Your Fist
Heavy metal
Sortie : déjà disponible

Doro inspire infiniment de respect dans le monde du métal puisqu’elle a été en effet une des premières femmes à embrasser entièrement le style et à y être restée absolument fidèle toute sa vie, sans jamais déroger ou y faire entorse.  Doro a donc toujours trimée dur et a réussi à s’imposer dans un monde qui, surtout à ses débuts, était extrêmement macho et la chasse gardée à peu près exclusive des hommes.  Cette splendide allemande s'est d’abord fait remarquer au milieu des années '80 avec son excellent groupe Warlock, puis en solo à la fin de la décennie.  Depuis 1989 Doro a sorti pas moins de 13 albums studio et quelques disques en spectacle ce qui est vraiment remarquable.  En plus d’avoir une voix exceptionnelle et très métal, il s’agit d’une très – très – belle femme avec une image extrêmement rock.  Elle a une présence sur scène très forte et elle a ouvert la voix pour les Angela Gossow et Crufied Barbara de ce monde.  On pourrait dire de Doro que c’est le « real deal », absolument pas « phony » et totalement vraie.  En fait personne ne doute de son authenticité et c’est ce qui la rend attachante et aussi respecté dans le monde du métal.  Toutefois, on ne peut pas dire que sa musique est exceptionnelle.  Les critiques que j’ai lues de son nouvel opus sont excellentes et plusieurs en ont même fait leur album préféré du moment.  Mais ça reste tout de même du heavy  métal tout à fait conventionnel.  C’est bon, mais je dois dire que je n’ai pas été transcendé en écoutant Raise Your Fist.  Il y a quatre ballades là-dessus et c’est vraiment trop pour un album de métal.  Mais ça c’est le gros défaut de Doro à mon avis, cette propension à faire des ballades.  Peut-être que ça plaît à une partie de son public mais personnellement ça m’éteint.  Il y a des bonnes choses sur Raise Your Fist mais je ne lui donnerai pas plus que 7 sur 10.  Ce n’est pas son meilleur en carrière.

Uncle Acid and the Deadbeat (Blood Lust) - Présenté à l'émission Rock Classique du 30 novembre 2012

Uncle Acid and the Deadbeat
Blood Lust
Hard rock psychédélique
Sortie : déjà disponible

Il s’agit ici de la réédition du deuxième album d’une jeune formation de rock de garage anglaise fasciné par les années 70 et les films d’horreur qui concote une espèce de space rock psychédélique très éclaté. L’album en question s’intitule Blood Lust et il est sorti initialement sur l’étiquette anglaise Rise Above en 2011.  L’étiquette Metal Blade vient de le sortir en Amérique du nord pour la première fois.  Il semble que leur stoner doom quelque peu psychédélique et spatial suscite beaucoup d’intérêt dans leur angleterre natale et les exemplaires disponibles de leurs précédents pressages de Blood Lust se sont tous vendus en un temps record et se trouvent à très grand prix sur des sites comme Ebay.  Blood Lust a reçu de très bonnes critiques par les connaisseurs de médias spécialisés.  C’est vrai que c’est intéressant, mais la voix du chanteur est vraiment pénible et vient gâcher le tout à mon avis.  C’est dommage mais je lui donne seulement une cote de 6,5.  Ils auraient intérêt à se trouver un bon chanteur qui viendrait rehausser tout ça…

Rival Sons (Head Down) - Présenté à l'émission Rock Classique du 30 novembre 2012


Rival Sons
Head Down
Rock
Sortie : déjà disponible

Rival Sons est un groupe de la Californie qui est lui aussi absolument fascinés par les racines du rock et particulièrement par les années 60 – ils ont un petit côté pop sunshine.    Pour vous brosser un portrait simple je les situerais entre Led Zeppelin et Bad Company.  En fait leur tout nouvel album, Head Down, aurait pu être enregistré par Bad Company dans les années ’70, mais ça aurait été un très bon album de Bad Company – plus dans la mouvance de leur premier homonyme de 1973 que de Run With the Pack disons.  Les influences musicales de Rivals Sons vont des groupes phares du mouvement hard rock comme Led Zep et Cream, aux grands noms du motown et du jazz.  Ils naviguent entre le hard et la pop légère mais pas du tout kétaine. Ils ont un petit côté Black Crowes aussi et leur chanteur ressemble beaucoup à Jim Morrison, mais il ne chante définitivement pas du tout comme ce dernier.  Ce n’est vraiment pas mauvais mais c’est moins bon qu’on l’a écrit dans certains magazines spécialisés. 
Cote: 7