samedi 16 mars 2013

David Bowie (The Next Day) - Présenté à l'émission Rock Classique du 15 mars 2013

David Bowie
The Next Day
Rock
Sortie : 12 mars 2013

The Next Day est un album auquel on ne s’attendait absolument pas.  Du moins pas après dix ans de silence complet.  On pensait que le "Caméléon du Rock" avait pris sa retraite définitivement, ce qui aurait été tout à fait compréhensible après les problèmes de santé avec lesquels il a été aux prises ces dernières années.  Eh bien non !  il a décidé de remettre ça et il est de retour avec ce disque que plusieurs considèrent comme son meilleur depuis la fin des années ’70. Le jour de son 66ième anniversaire Bowie avait sorti un premier extrait (8 janvier dernier) qui, je dois le dire, n'est absolument pas représentatif du reste de l’album puisque la pièce en question, Where Are We Now, était très douce et calme et ne m'avait pas du tout emballé.  La majorité du disque n’est pas comme ça heureusement.  Il s'agit en fait d'un album rock qui rappelle un peu sa période « Berlin » - d’ailleurs sa pochette, qui est à mon humble avis l’aspect le plus raté du disque, est un clin d’œil à son album classique Heroes de 1977.   Je n’ai vu que des éloges pour ce nouvel opus de Bowie.  Les critiques sont unaniment excellente et ce retour est salué dans l’allégresse.

Encore une fois je vais être plus mesuré.  C’est vrai que c’est un bon album de Bowie – probablement son meilleur depuis fort longtemps, mais ce n’est pas non plus un de ses meilleurs en carrière.  Ce n’est pas Heroes, ce n’est pas Low ou Station to Station et ce n’est surtout pas Aladdin Sane, Ziggy Stardust, Hunky Dory ou The Man Who Sold the World.    C’est un beau retour, mais ce n’est rien à mon avis pour qu’il aille se chercher des nouveaux fans.  Ceux qui ont accueilli ce nouveau disque dans l’enthousiasme étaient à mon sens déjà des fans.  Je ne pense pas que ceux qui n’ont jamais été emballés par Bowie vont changer d’avis à son égard (ceux qui ont toujours trouvé les "beats" de Bowie trop peu énergiques et sa musique trop timide vont continuer à le penser).  C’est un disque fort correct de fin de carrière, mais c’est en deçà de ses grandes œures.  Personnellement je lui donne une cote de 6 sur 10 – mais dites-vous bien que je l’ai beaucoup aimé de disque de David Bowie comparativement à celui d’Eric Clapton…;)

Eric Clapton (Old Sock) - Présenté à l'émission Rock classique du 15 mars 2013

Eric Clapton
Old Sock
MOR
Sortie : 12 mars 2013


Cette semaine on a fait paraître un tout nouvel album d’un des grands noms de l’histoire du rock, celui du guitariste légendaire Eric Clapton intitulé Old Sock, son 20ième en solo et en studio en carrière.  Il faut dire que Clapton est un des rares musiciens de sa génération à être encore très actif musicalement puisqu'il ort des albums assez régulièrement et donne des concerts fréquemment un peu partout dans le monde.Toutefois, maintenant qu’il a atteint 67 ans, qu’il est en fin de carrière (qu’il n’a plus rien à prouver), il a décidé de faire un disque pour se faire plaisir en se foutant que ça se vende ou non.  Il a donc enregistré plusieurs reprises de morceaux parmi ses préférés par des artistes comme JJ Cale, Taj Mahal, Peter Tosh, Gary Moore, Leadbelly, Otis Redding et George et Ira Gershwin.  Il a tout fait ça bien sûr avec plaisir...

C’est le mot qu’il faut retenir ici – plaisir – Clapton s’est fait « plaisir ».  Mais, la question est : « Est-ce qu’il nous fait plaisir à nous ? »  En bien la réponse est simple : en tant qu’amateur de rock, absolument pas.  Si comme moi vous êtes incapables de supporter le reggae ou la musique country, vous allez subir un très mauvais moment à écouter ce nouvel opus de celui qu’on appellait « God » dans les années ’60.  Avec un titre comme Old Sock je me serais attendu à que Clapton revienne à ses racines et concocte un album 100% blues.  Eh bien non, c’est un album très calme dominé par la country et les rythmes reggae.  J’ai vraiment détesté.  Le seul morceau qui ne m’a pas déplu c’est sa reprise du morceau Still Got the Blues de Gary Moore et qui est très belle.  Mais en gros Old Sock est une galette à éviter à tout prix...
Cote: 2

Darkthrone (The Underground Resistance) - Présenté à l'émission Rock Classique du 8 mars 2013

Darkthrone
The Underground Resistance
Black & Roll
Sortie : Déjà disponible

Darkthrone est bien sûr un des très gros noms du mouvement black métal mais ils ont pris un virage musical il y a 6 ans avec l’album The Cult Is Alive sur lequel ils ont opté pour une musique plus directe, plus simple, plus rock ‘n’ roll et d’inspiration punk que des connaisseurs ont baptisé « Black ‘n’ Roll » - mélange de black et de rock n roll.   Ça a bien sûr déplu à leurs fans des débuts mais j’ai personnellement bien apprécié.  Particulièrement leur précédent disque, Circle the Wagons de 2010, qui était très inspiré et énergique.  Le nouveau l’est tout autant et récolte aussi beaucoup d'éloges. Cote: 8

Rotting Christ (Kata Ton Daimona Eaytoy) - Présenté à l'émission Rock Classique du 8 mars 2013

Rotting Christ
Kata Ton Daimona Eaytoy
Métal extrême fortement imprégné de musique traditionnelle méditéranéenne
Sortie : 5 mars 2013 

Kata Ton Daimona Eaytoy signifie apparemment "Fais ce que dois", un leitmotiv qui vient du philosophe occulte anglais Aleister Crowley qui a vécu au 19ème siècle et dans la première moitié du vingtième.  Il s’agit aussi d’un album concept inspiré de la mythologie et démonologie des cultures aztèque et maya (chose tout à fait en lien avec les origines black métal de ce quatuor grec).  Rotting Christ font carrière depuis 1987 et ils sont dirigés par le guitariste Sakis Tolis et son frère Themis le batteur du groupe.  Ils ont débuté comme un groupe de Deathgrind, mais ils ont pris un virage black metal avec leur premier disque, Thy Mighty Contract de 1993.  Au cours des 10 années suivantes ils ont enregistré 7 autres albums dans le genre dont un des plus mémorables demeure le classique Non Serviam de 1994.  

En 2007 ils ont pris un virage musical vers quelque chose de beaucoup plus original quand ils ont sorti l’excellent disque Theogonia sur lequel ils ont mélangé avec succès leur métal extrême avec des éléments de musique folklorique grecque.    C’est tout simplement un des meilleurs albums qui sont sortis cette année-là.  Rotting Christ ont renouvellé l’expérience en 2010 avec Aealo.  Ils sont maintenant de retour avec leur symbiose de black et de folk méditéranéen et je dois dire que j’en suis fort heureux car c’est encore une fois excellent.  Kata Ton Daimona Eaytoy est d'une qualité égale à ses deux prédécesseurs.  Ça vaut vraiment le détour...
Cote: 8

Jimi Hendrix (People, Hell and Angels) - Présenté à l'émission Rock Classique du 8 mars 2013

Jimi Hendrix
People, Hell and Angels
Rock
Sortie : 5 mars 2013

Ça fait toujours drôle de dire à l'émission : "Je vous parle maintenant de nouveauté.  Je vous parle du tout nouvel album de Jimi Hendrix", et cela plus de 40 ans après sa mort.  Mais il faut savoir que ce génial guitariste a tellement produit de matériel au cours de sa courte mais stratosphérique carrière à la fin des années 1960 qu’on réussi à sortir des albums de matériel inédit de lui quatre décennie après sa disparition tragique, chose absolument fantastique vous en conviendrez.  Ce nouveau disque, intitulé People, Hell and Angels, renferme du matériel que Jimi a enregistré en studio à fin de l’existence du Jimi Hendrix Experience avec ses amis le bassiste Billy Cox et le batteur et chanteur Buddy Miles, soit en 1968 et 1969.  

Ce qu’il y a d’intéressant avec ces enregistrements, c’est qu'ils ne sonnent pas comme des démos.  En effet, ce sont des pièces terminées et la qualité de l’enregistrement est vraiment superbe.  Bien sûr on y retrouve des morceaux qu’on a déjà entendu comme Isabella ou Hear My Train a Comin’, mais ce sont des versions inédites – entre autre la seule version disponible de cette dernière que jimi a toutefois interprétée souvent en spectacle qui se retrouve ici beaucoup plus aboutie.  Ce nouveau disque permet aussi de donner une idée de l’orientation musicale que Jimi aurait pris dans les années ’70 puisqu’il avait commencé à toucher au funk et à jammer avec des cuivres.  C’est vraiment un album qui vaut absolument le détour pour les fans de Hendrix qui veulent entendre du matériel inédit.  Ce n’est pas pour les néophytes mais les connaisseurs de Hendrix vont être assurément enchantés.  
Cote: 8

Audrey Horne (Youngblood) - Présenté à l'émission Rock Classique du 1er mars 2013)

Audrey Horne
Youngblood
Hard rock d'inspiration des années 1970
Sortie : déjà disponible

Youngblood est le cinquième album de ce groupe norvégien depuis 2005. Audrey Horne est en fait un projet musical du guitariste de Enslaved, Ice Dale, mais c’est quelque chose de sérieux puisqu’ils sortent des album régulièrement.  Il s'agit aussi d'un projet musical à des années lumières de ce que Ice Dale fait avec Enslaved puisqu’au lieu de faire dans le métal progressif extrême, Audrey Horne touchent au hard rock d’inspiration des années ’70.  Ils citent Thin Lizzy, Led Zeppelin et Kiss comme influences.  La presse spécialisée européenne est en effervescence depuis sa sortie – certains n’ont pas hésité à en faire leur album du mois et à lui donner des cotes stratosphériques– certains n’ont pas hésité à en faire leur "album du mois". 

Je suis plus mesuré et, malgré le fait que je trouve aussi que c’est un bon disque de hard rock, je trouve qu’il lui manque ce « petit quelque chose « qui fait qu’un album passe de « correct » à chef-d’œuvre ou « bijou » (ce petit quelque chose qui fait de Led Zeppelin Four, Highway to Hell ou Who’s Next des merveilles). Je ne pense pas que Youngblood de Audrey Horne l’a ce « petit quelque chose » et qu’il mérite un 9 sur 10 comme certains magazines lui ont donné, mais un 7,5 sur 10 pourrait être fort juste…

Coheed & Cambria The Afterman : Descension (Présenté à l'émission Rock Classique du 1er mars 2013)

Coheed & Cambria
The Afterman : Descension
Rock alternatif progressif
Sortie : déjà disponible

Certains considèrent Coheed and Cambria comme d’authentiques successeurs de Rush et Dream Theater.  Au cours des ans ils ont su s’attirer le respect de beaucoup de gens et ils ont tourné entre autres avec Black Sabbath il y a plusieurs années, ce qui démontre un intérêt de la part du public rock traditionnel.  Personnellement je les ai connus avec leur deuxième disque, In Keeping of Silent Earth : 3 de 2003.

Malheureusement c’est quelque chose qui ne m'a jamais plu car la musique de Coheed & Cambria se rapproche beaucoup trop du emo pour mes goûts.  Je suis absolument incapable en fait de supporter le ton affecté et précieux de Claudio Sanchez et, malgré quelques tentatives à quelques reprises dans les dernières années avec plusieurs albums qu’ils ont sortis, je reste incapable.  Je suis bien d'accord qu'il s'agit-là d'une forme moderne de progressif, mais il s'agit de quelque chose de beaucoup trop collé à mon avis sur la pop et une pop-punk cul-cul que je trouve tout à fait atroce par moment. C’est tellement « cute » en fait que ça en est gênant et agaçant.  Je n’ai pas aimé ça du tout et ce nouvel opus de Coheed and Cambria m’a définitivement convaincu de ne plus jamais faire de tentative avec eux à l’avenir.
Cote: 4

Steven Wilson (The Raven That Refused to Sing and Other Stories) - Présenté à l'émission Rock classique du 1er mars 2013

Steven Wilson
The Raven That Refused to Sing and Other Stories
Rock progressif
Sortie : 29 février

Depuis le disque en concert Get All You Deserve Steven Wilson s’est constitué un groupe très solide composé du saxophoniste et multi-instrumentiste Theo Travis, du claviériste Adam Holzman, du bassiste extraordinaire et joueur de stick Nick Beggs (qu’on a pu voir il y a 3 ans ici à Trois-Rivières dans l’orchestre de Steve Hackett, le batteur Marco Minnemann, ainsi que le guitariste Guthrie Govan.

Pour son trois troisième album solo, intitulé The Raven That Refused to Sing and Other Stories, Steven Wilson est aussi allé chercher Alan Parsons pour co-produire avec lui le disque et en être l’ingénieur (d’habitude Steven Wilson produit tout, tout seul, mais là il a décidé de faire appel à un autre virtuose du son).  Ça donne bien sûr des résultats fantastiques et un son cristallin. Par le passé, Steven Wilson a souvent refusé l’étiquette de rock progressif pour sa musique – même qu’on sentait que ça l’irritait.  Eh bien il faut croire que ce n’est plus le cas car il semble embrasser dorénavant le genre avec passion.  À l’instar de Mike Akerfeld de Opeth, Steven clame à fond son amour pour les années ’70 et revendique pleinement ses influences issues de cette décennie (les King Crimson et Genesis).  C’est donc un authentique album de rock progressif "old school" qu’il nous sert avec de longues pièces à grand développement et mouvements.  Tout ça créé avec des instruments analogues pour faire quelque chose de tout à fait organique et séduisant.

C’est aussi un album tout à fait approprié à ce moment-ci de l’année car ça sonne "hiver" – idéal pour regarder tomber la neige le soir à côté du poêle à bois ou du foyer.  Vraiment une merveille pour les amateurs de rock progressif authentique qui pensent qu’il ne s’en fait plus de bonne musique de nos jours. 
Cote: 8

jeudi 31 janvier 2013

Voivod (Target Earth) - Présenté à l'émission Rock classique du 18 janvier 2013

Voïvod
Target Earth
métal thrash et progressif
Sortie : déjà disponible 

Au décès de Piggy en 2005 beaucoup ont cru que ce serait la fin de ce quatuor québécois légendaire et révolutionnaire.  Plusieurs voyaient en effet le génial guitariste au style si particulier comme un musicien absolument irremplaçable et tout à fait essentiel à Voïvod.  Toutefois, peu de temps après on a appris que Piggy avait laissé plusieurs enregistrements auxquels il a travaillé jusqu'à la toute fin et sur lesquels Away, Snake et Jason Newstead se sont attelés pour en faire l'album Infini qu'ils ont fait paraître en 2009 et que j'avais grandement apprécié.  Cela aurait pu conclure la saga Voïvod de façon définitive et élégante.

Toutefois, lors du lancement du DVD de Martyr au printemps 2008, j'avais eu le plaisir de parler avec le guitariste du groupe, Dan Mongrain, qui m'avait appris qu'il avait commencé à pratiquer avec Voïvod, que Blacky était revenu au bercail et que le groupe avait quelques spectacles importants prévus cet été-là.  J'avais été fort surpris mais en même temps, connaissant très bien Dan et ses compétences, j'étais convaincu que l'expérience serait fantastique.  Ce fut en effet le cas et toutes les fois où j'ai eu le plaisir de les voir en concert dans les années suivantes ont été mémorables. Le groupe était dans une dangereuse forme et interprétait uniquement des pièces de la période de Blacky, de War and Pain à Angel Rat, qui représente aussi ma période préférée du groupe.

L'an dernier, au cours d'une soirée, Dan m'a annoncé que Voïvod débutait une période d'écriture et qu'il avait l'intention d'enregistrer un nouvel album.  Il faut dire à ce moment-là que l'entreprise s'avérait des plus périlleuses pour Dan et le groupe car, que de créer un disque à la hauteur des chefs-d'oeuvre absolus de métal comme le sont War and Pain, Dimension Hatröss, Nothingface, Angel Rat ou The Outer Limits, d'authentiques petits bijoux sur lesquels le groupe a forgé son excellente réputation peut être assez inquiétant.  Toutefois ce soir-là j'avais dit à Dan que j'étais absolument convaincu que l'entreprise s'avèreait une réussite car j'ai toujours considéré qu'il était le plus digne successeur de Piggy et un véritable virtuose.    Quand Je l'ai revu à l'été, il venait de terminer l'enregistrement de l'album et il en était extrêmement fier.  Il nous en avait d'ailleurs fait écouter un extrait, Mechanical Mind, lors d'une très joyeuse fête entre amis...
 
Cinq mois plus tard je reçois finalement l'album à la station et je dois dire d'emblée qu'il est absolument fantatique et qu'il s'agit tout simplement d'un des meilleurs albums de Voïvod, point à la ligne.  D'abord le groupe revient à sa période la plus glorieuse, celle des albums Dimension Hatröss et Nothingface avec un métal thrash des plus progressifs, expérimental, ambiant et extrême avec de longs morceaux à long développement dans la plus pure tradition progressive.  Une petite merveille qui débute avec la puissante pièce titre qui est tout à fait éloquente de la très grande culture musicale du groupe qui parsème sa musique de clins d'oeil jazzy ou typiquement rock progressif.  Outre l'excellent jeu de guitare de Dan, il fait très bon de retrouver et entendre à nouveau le son de la basse si particuler de Blacky qui renoue pour la première fois en studio avec la machine Voïvod depuis 22 ans (depuis les sessions d'Angle Rat).  

Kluskap O'Kom nous ramène aux influences punk rock de Snake et Away et marque une première pour Voïvod, soit des back vocals puisque Dan (qui, dois-je le rappeller, était aussi le chanteur du groupe Martyr) y va de quelques lignes scandées avec force et enthousiasme.  Des signatures rhythmiques compliquées font la particularité de la pièce suivante, Empathy for the Enemy, une des plus lourdes du disque.

Mechanical Mind a été le premier extrait du disque, rendu disponible il y a déjà quelques temps.  Mais, qui dit "extrait" ou "single" ne dit pas nécessairement "facilité" et ce morceau s'avère aussi brillant que le reste de l'album.  Introduit par une ambiance - un clin d'oeil - à Rush, Mechanical Mind est un morceau compliqué à plusieurs paliers rythmiques qui fait plus de 7 minutes et demie.  Un des moments les plus forts du disque.

Warchaic est une des pièces les plus ambiante du lot, très proche de l'atmosphère de l'album Dimension Hatröss.  Resistance est un de mes morceaux préférés de l'album.  Encore-là on retrouve la prédilection punk rock du groupe dans la première moitié de la pièce qui se termine dans une ambiance lourde et spatiale.

Kaleidos évoque plutôt la période Angel Rat avec une des parties vocales les plus mélodiques de Snake sur cet album.  La pièce suivante, Corps Étranger, représente une autre première pour Voïvod puisqu'il s'agit du premier morceau chanté en français pour le quatuor qui a souvent ponctué ses lyrics de phrase dans la langue de Molière mais sans jamais toutefois franchir le pas complètement comme ils viennent de le faire.  L'expérience s'avère une réussite, même si personnellement je trouve très étrange d'entendre Snake s'exprimer dans la langue de Francoeur et Plume Latraverse...  Corps Étranger est un bon petit thrash bien dosé dans la mouvance de Ripping Heaches qui remonte au deuxième album de Voïvod, Rrroooaaarrr de 1986.

Artefact débute dans une ambiance spatio-temporelle inquiétante qui est brisée par la basse de Blacky et les roulements de toms de Away qui nous introduisent dans une pièce typiquement progressve à la Voïvod.  L'album se termine sur quelques mesures d'un morceau incomplet intitulé Defiance et qui porte très bien son titre.

Au final, Target Earth représente un puissant retour pour Voïvod et une introduction tout à fait concluante pour leur "nouveau" guitariste dont la virtuosité est désormais tout à fait éclatante.  Même si nous ne sommes qu'en janvier, je suis absolument convaincu que Target Earth trouvera son chemin parmi les meilleurs albums qui sortiront en 2013.  En un seul mot, fantastique...
Cote: 9

jeudi 20 décembre 2012

The Order of Chaos (Sexwitch EP) - Présenté à l'émission Rock Classique du 30 novembre 2012

The Order of Chaos
Sexwitch EP
Heavy power thrash metal
Sortie : déjà disponible

Order of Chaos met en vedette une digne descendante de Doro, la chanteuse Amanda "The Wench" Kiernan, qui vient de sortir un simple intitulé Sexwitch.  Order of Chaos j’en ai parlé en bien précédemment à l’émission – ce n’est pas un groupe qui va révolutionner la musique mais c’est très énergique et sympathique dans le paysage métal canadien.
Cote: 6

Adrenechrome (Hideous Appetites) - Présenté à l'émission Rock Classique du 30 novembre 2012

Adrenechrome
Hideous Appetites
Métal thrash
Sortie : déjà disponible

Adrenechrome est un quatuor originaire de Orillia en Ontario formé en 2010.  Ils citent comme influences des formations de thrash classiques comme Testament, Exodus, Overkill et Whiplash, ainsi que des groupes comme Mastodon, High on Fire et Children of Bodom.  Ils viennent de sortir leur premier maxi intitulé Hideous Appetite qui ne va rien révolutionner mais que j’ai trouvé sympathique.
Cote: 6,5

Doro (Raise Your Fist) - Présenté à l'émission Rock Classique du 30 novembre 2012

Doro
Raise Your Fist
Heavy metal
Sortie : déjà disponible

Doro inspire infiniment de respect dans le monde du métal puisqu’elle a été en effet une des premières femmes à embrasser entièrement le style et à y être restée absolument fidèle toute sa vie, sans jamais déroger ou y faire entorse.  Doro a donc toujours trimée dur et a réussi à s’imposer dans un monde qui, surtout à ses débuts, était extrêmement macho et la chasse gardée à peu près exclusive des hommes.  Cette splendide allemande s'est d’abord fait remarquer au milieu des années '80 avec son excellent groupe Warlock, puis en solo à la fin de la décennie.  Depuis 1989 Doro a sorti pas moins de 13 albums studio et quelques disques en spectacle ce qui est vraiment remarquable.  En plus d’avoir une voix exceptionnelle et très métal, il s’agit d’une très – très – belle femme avec une image extrêmement rock.  Elle a une présence sur scène très forte et elle a ouvert la voix pour les Angela Gossow et Crufied Barbara de ce monde.  On pourrait dire de Doro que c’est le « real deal », absolument pas « phony » et totalement vraie.  En fait personne ne doute de son authenticité et c’est ce qui la rend attachante et aussi respecté dans le monde du métal.  Toutefois, on ne peut pas dire que sa musique est exceptionnelle.  Les critiques que j’ai lues de son nouvel opus sont excellentes et plusieurs en ont même fait leur album préféré du moment.  Mais ça reste tout de même du heavy  métal tout à fait conventionnel.  C’est bon, mais je dois dire que je n’ai pas été transcendé en écoutant Raise Your Fist.  Il y a quatre ballades là-dessus et c’est vraiment trop pour un album de métal.  Mais ça c’est le gros défaut de Doro à mon avis, cette propension à faire des ballades.  Peut-être que ça plaît à une partie de son public mais personnellement ça m’éteint.  Il y a des bonnes choses sur Raise Your Fist mais je ne lui donnerai pas plus que 7 sur 10.  Ce n’est pas son meilleur en carrière.

Uncle Acid and the Deadbeat (Blood Lust) - Présenté à l'émission Rock Classique du 30 novembre 2012

Uncle Acid and the Deadbeat
Blood Lust
Hard rock psychédélique
Sortie : déjà disponible

Il s’agit ici de la réédition du deuxième album d’une jeune formation de rock de garage anglaise fasciné par les années 70 et les films d’horreur qui concote une espèce de space rock psychédélique très éclaté. L’album en question s’intitule Blood Lust et il est sorti initialement sur l’étiquette anglaise Rise Above en 2011.  L’étiquette Metal Blade vient de le sortir en Amérique du nord pour la première fois.  Il semble que leur stoner doom quelque peu psychédélique et spatial suscite beaucoup d’intérêt dans leur angleterre natale et les exemplaires disponibles de leurs précédents pressages de Blood Lust se sont tous vendus en un temps record et se trouvent à très grand prix sur des sites comme Ebay.  Blood Lust a reçu de très bonnes critiques par les connaisseurs de médias spécialisés.  C’est vrai que c’est intéressant, mais la voix du chanteur est vraiment pénible et vient gâcher le tout à mon avis.  C’est dommage mais je lui donne seulement une cote de 6,5.  Ils auraient intérêt à se trouver un bon chanteur qui viendrait rehausser tout ça…

Rival Sons (Head Down) - Présenté à l'émission Rock Classique du 30 novembre 2012


Rival Sons
Head Down
Rock
Sortie : déjà disponible

Rival Sons est un groupe de la Californie qui est lui aussi absolument fascinés par les racines du rock et particulièrement par les années 60 – ils ont un petit côté pop sunshine.    Pour vous brosser un portrait simple je les situerais entre Led Zeppelin et Bad Company.  En fait leur tout nouvel album, Head Down, aurait pu être enregistré par Bad Company dans les années ’70, mais ça aurait été un très bon album de Bad Company – plus dans la mouvance de leur premier homonyme de 1973 que de Run With the Pack disons.  Les influences musicales de Rivals Sons vont des groupes phares du mouvement hard rock comme Led Zep et Cream, aux grands noms du motown et du jazz.  Ils naviguent entre le hard et la pop légère mais pas du tout kétaine. Ils ont un petit côté Black Crowes aussi et leur chanteur ressemble beaucoup à Jim Morrison, mais il ne chante définitivement pas du tout comme ce dernier.  Ce n’est vraiment pas mauvais mais c’est moins bon qu’on l’a écrit dans certains magazines spécialisés. 
Cote: 7

Troubled Horse )Step Inside) - Présenté à l'émission Rock Classique du 30 novembre 2012

Troubled Horse
Step Inside
Hard rock
Sortie : déjà disponible

Troubled Horse  est un quatuor suédois composé d’anciens membres de Witchcraft (qui viennent eux aussi de sortir un album dont j’ai parlé il y a quelques semaines et que j’avais bien aimé).  Il y a même le bassiste Ola Henriksson qui fait toujours partie de Witchcraft.  Troubled Horse officient donc dans la même mouvance que ces derniers, tout comme le font Graveyard et Horizont.  Tous ces jeunes groupes carburent aux racines du rock et je dois dire qu'il y en a de plus en plus qui le font.  Troubled Horse citent comme influences des groupes des années ’70 comme Dust, Pentagram et même CCR et MC5.   Step Inside est leur deuxième opus et c'est aussi le meilleur album que j’ai écouté cette semaine parmi les nouveautés que je vous présente aujourd'hui (vendredi 30 novembre).  Les pièces Tainted Water, Bring My Horses Home et I've Been Losing m'ont particulièrment plu.
Cote: 8

Diagonal (The 2nd Mechanism) - Présenté à l'émission Rock Classique du 30 novembre 2012

Diagonal
The 2nd Mechanism
Rock progressif
Sortie : déjà disponible

Diagonal est un jeune septuor de Brighton (et quand je dis jeune c’est vraiment le cas puisqu'ils ont débuté alors qu’ils étaient ados et aujourd’hui ils sont dans la jeune vingtaine).  Ce sont des fanatiques de rock progressif des années ’70 et en les entendant on songe tout de suite à King Crimson, mais aussi à Pink Floyd, Van Der Graaf Generator et même à Return to Forever.  Ils ont été recrutés par l’étiquette Rise Above et ils ont sorti un premier disque homonyme en 2009 qui leur a permis de figurer parmi le nominés au "Best New Band Award" du prestigieux magazine anglais Classic Rock en 2009.  Malgré ça je ne les connaissais absolument pas avant d’écouter ce disque  qui sort cette semaine sur l’étiquette Metal Blade.  Il s'agit de bon progressif principalement instrumental, mais avec quelques lignes vocales.  D'ailleurs leur faiblesse se situe à ce dernier niveau et ils auraient franchement intérêt à se trouver un meilleur vocaliste...
Cote: 6,5

Black Country Communion (Afterglow) - Présenté à l'émission Rock Classique du 23 novembre 2012

Black Country Communion
Afterglow
Rock
Sortie : déjà disponible

BCC est un "supergroup" formé du bassiste et excellent chanteur Glenn Hughes (anciennement de Deep Purple), du batteur Jason Bonham (Led Zeppelin, UFO et Foreigner), du claviériste Derek Sherinian (ex-Dream Theater) et du guitariste de blues Joe Bonnamassa.  Ils sont incroyablement productifs et ils ont sorti 3 disques studio complets de matériel original depuis 2 ans, en plus d'un album en spectacle.  Ils sont assez remarquable à cet égard, en cette époque où les groupes mettent 3 ou 4 ans à produire des disques, puisque BCC en ont sort trois en moins de deux ans.  Les deux premiers étaient excellents, le nouveau est aussi très bon mais peut-être un peu moins hard rock que les deux précédents.  Mais on y retrouve néanmoins de très – très - bonnes pièces telles Crawl, Cry Freedom, Confessor et, surtout, Circles.
Cote: 7,5

Led Zeppelin (Celebration Day) - Présenté à l'émission Rock Classique du 23 novembre 2012

Led Zeppelin
Celebration Day
Rock
Sortie : 20 novembre 2012

Ce disque a été enregistré lors du fameux spectacle que Led Zep a donné à l’aréna 02 de Londres il y a 5 ans, à l’automne 2007 devant 18000 très chanceux (il y a eu 22 millions de demandes pour des billets, mais seulement 18 000 billets étaient disponibles).  J’ai bien sûr présenté des extraits à l'émission de la semaine dernière (16 novembre) mais je n’avais pu y présenter de critique définitive, n'ayant réussi à ce moment qu'à l’écouter au complet qu’une seule fois.  Cette semaine j’ai visionné le Blu Ray au complet du spectacle.
 
Un concert et un album qui n’ont pas été retouchés, on y entends un paquet d’erreurs, de bugs et fausses notes – les anglais disent warts and all.  Donc, pas d’embellissement ou de maquillage, et c’est parfait ainsi puisque ça reproduit tout à fait ce qui s’est passé ce soir-là et ça permet de constater que Led Zeppelin est encore, malgré le passage du temps, un groupe absolument passionnant et inspirant.  Ils ne sont pas parfaits, mais ils sont fantastiques et fascinants.  L’image n’est pas non plus parfaite et est souvent floue car on a inclus des portions captées dans l'auditoire avec des téléphones, ce qui peut fatiguer car en outre, l’idée de filmer parfois l’écran géant derrière musiciens au lieu de les filmer eux directement est assez discutable.    D'un autre côté c’est justement l’utilisation exacerbée de ces écrans géants qui nous font prendre conscience que les membres de Led Zep sont beaucoup plus grands que nature et de la recherche de proximité de leurs fans. 
 
La première chose qui frappe en regardant le blu ray, c’est que le concert a été donné sur une scène tout à fait démunie, sous des éclairages blancs très puissants et très crus, comme pour être sûrs de montrer sans aucun filtre ou coloriage quelconque le groupe tel qu’il était ce soir-là, 27 ans après leur séparation.  Absolument rien pour masquer le fait qu’ils ont vieilli et que le temps a passé.  Et c’est probablement là que la performance devient aussi intéressante, puisque contrairement aux autres groupes de leur génération, Led Zeppelin n’ont absolument rien perdu de leur superbe.  Robert Plant chante aussi bien et aussi parfaitement qu’il y a 40 ans, sans aucun gadget ou "cochonneries" pour venir masquer les imperfections qu’il y aurait pu y avoir. Plant est très impressionnant.  Page aussi est fantastique.  Il a toujours été très « sloppy » comme guitariste, mais il a une élégance que très peu de musiciens ont.  La pierre d’assise du groupe, John Paul Jones, se révèle comme d’habitude le plus effacé du quatuor mais aussi comme un élément absolument essentiel et irremplaçable dans la musique de Led Zep (même si aussi lui fait beaucoup de fausses notes.  Mais c’est ça aussi du rock, quelque chose de viscéral qui n’a pas à être absolument parfait en tout temps).  Jason Bonahm s’avère être le digne fils de son père John, qui est toujours considéré par plusieurs comme le plus grand batteur de l’histoire du rock (32 ans après sa disparition).  Jason a fait un travail irréprochable et on sent qu’il a vécu la plus belle soirée de sa vie ce soir-là et que les membres de Led Zep étaient tout à fait heureux de l’avoir parmi eux.  En outre, Jason a quelque chose que son père n’avait pas puisque c’est un excellent choriste dont les back vocals viennent rehausser le résultat en concert.

Évidemment, Celebration Day est un film pour les fans de Led Zep de longue date car à un néophyte qui voudrait se familiariser avec Led Zep je conseillerais plutôt le film The Song Remains the Same qui nous montre le groupe à son sommet en 1973.    Je ne pense pas que je vais écouter Celebration Day aussi souvent que The Song Remains the Same (une film que j'ai tout de même regardé une centaine de fois dans ma prime jeunesse).  Mais pour un groupe dont 3 des membres sont dans la bonne soixantaine, Celebration Day est vraiment très impressionnant.  Ça vaut absolument le détour et c’est un très beau cadeau de Noël pour les fans de vrai rock.
Cote : 9,5

Soundgarden (King Animal) - Présenté à l'émission Rock Classique du 16 novembre 2012

Soundgarden
King Animal
Grunge
Sortie : 13 novembre 2012

Authentique groupe de revenants, le quatuor de Seattle Soundgarden vient de sortir son premier disque en 16 ans puisque le dernier, Down on the Upside remonte à 1996.
Ils ont donc fait une méchate pause pendant laquelle le chanteur Chris Cornell a eu le temps de faire une couple d’album en solo et de faire deux disques avec les anciens membres de Rage Against the Machine sous le nom de Audioslave – groupe de corporate rock pas tellement intéressant à mon avis. La pause a donc été très longue et nous force à nous poser la question, « est-ce qu’il y a encore un public qui les attend quelque part?  Difficile à dire.  Reste que le monde qu’ils ont quitté en 1996, est incroyablement différent de celui dans lequel on vit.   Néanmoins les membres de Soundgarden ont décidé de remettre ça et ils ont recommencé à donner des concerts il y a un moment.  On avait annoncé qu’un nouvel album était dans les plans du quatuor mais on n’avait pas annoncé de date de sortie.  C’est maintenant chose faite et le disque en question, King Animal est sorti mardi le 14 novembre dernier

Personnellement je ne suis pas un gros fan de Soundgarden.  J'ai apprécié les disques Loud Love, Badmotorfinger et Superunknown, mais je n’avais vraiment pas aimé le dernier, Down on the Upside, qui est vraiment – franchement – plate.  Par contre ce nouvel opus intitulé King Animal est un bon disque de Soundgarden je crois – pas leur meilleur,  mais autrement plus intéressant que son prédécesseur.  Ça sonne l’enfer, c’est très bien joué et inspiré en général.  C’est vraiment pas mal comme album de retour et ça vaut un 7,5 sur 10.

Kamelot (Silverthorn) - Présenté à l'émission Rock Classique du 16 novembre 2012

Kamelot
Silverthorn
métal progressif et symphonique
Sortie : déjà disponible

Il s’agit du dixième album studio pour ce groupe qui fait carrière depuis 1991 – depuis 20 ans.
Kamelot est un groupe relativement influent puisque les hollandais Epica ont tiré leur propre nom du titre d’un de leurs albums préférés qui est paru en 2003.  À l’instar de Symphony X, Kamelot font dans le power métal symphonique d’inspiration très européenne.  Ils sont d’ailleurs beaucoup plus populaires en Europe qu’en Amérique du nord.  Silverthorn est le premier disque du quintet sans leur chanteur norvégien emblématique, Roy Khan, qui les a quitté l’année dernière à la suite de problème personnels.  Ils l’ont remplacé par un chanteur suédois du nom de Tommy Karevik qui faisait partie auparavant de la formation prog Seventh Wonder.  Il a été très bien accueilli par les fans du groupe jusqu’à maintenant et les connaisseurs s’accordent à dire qu’il s’agit d’un excellent successeur à Roy Khan.  Il faut dire que la vois des deux hommes est assez similaire, c'est-à-dire haut perchée et très claire, selon l’esthétisme courant dans ce genre de groupe dans la mouvance de Rhapsody.  Je l’ai dit souvent, je ne suis absolument pas un fan de ce genre de musique mais je dois dire que j’ai trouvé ce nouvel opus plutôt plaisant et qu’il va assurément plaire aux fans de ce style très particulier et tout à fait élégant dans le monde du métal.
Cote: 7